Découverte de la splendide Ajmer

Souvent boudée des touristes au profit de Pushkar, Ajmer est une ville qui mérite un crochet d’une journée ou, tout du moins, de quelques heures. Moins fréquentée, la découverte y est plus agréable, le cœur où se trouve la Dargah est certes animé mais aucun vendeur ou guide ne vous agresse. Ajmer est un lieu saint pour les Musulmans mais aussi pour les Hindous.

Je vous propose donc une petite visite des lieux plus emblématiques de cette ville.

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La Sharif Dargah.

NB que par respect pour les fidèles et les lieux, je ne photographie jamais l’intérieur d’une mosquée, d’un temple ou d’un monastère. Même si les appareils photos sont interdits, beaucoup utilisent leur portable pour « immortaliser » ce moment. Chacun voit midi à sa porte !

Il est dit qu’une personne qui prie avec un coeur pur dans la Dargah, verra tous ses vœux réalisés. La Dargah est un sanctuaire soufi dédié au saint Perse Khwaja Moinuddin Chishti. Beaucoup de musulmans croient que Moinuddin Chisti était le descendant direct de Muhammad et c’est à sa demande qu’il est allé en Inde. Il atteignit Ajmer en 1192 via Lahore et y resta jusqu’à sa mort en 1236 après JC. Son tombeau a été construit par l’empereur moghol Humayun.

C’est l’un des lieux de culte les plus sacrés de l’Inde, non seulement pour les musulmans, mais aussi pour les Hindous qui tiennent le saint en haute estime et vénération. L’endroit est une merveille architecturale, vous n’avez pas besoin d’être religieux pour visiter cette Dargah. Le calme et la sérénité de cet endroit est quelque chose que vous n’obtiendrez nulle part ailleurs. Vous trouverez aux abords et dans la cour des étals vendant des roses que les fidèles (et pourquoi pas vous !)offrent au Khwaja.

Pour pénétrer dans la Dargah, vous devez franchir une série de massives portes en argent aux très belles sculptures. En arrivant dans la cour, vous trouverez, sur votre droite, la tombe su Saint, sculptée dans le marbre.

Il y a plusieurs mosquées à l’intérieur du complexe, construites par les Empereurs Akbar et Shah Jahan, qui se sont fait un devoir de visiter Ajmer au moins une fois par an.

Je vous conseille de vous assoir, juste à l’extérieur de la tombe, et d’écouter le fascinant Quwwali, il y a quelque chose à propos de cette musique soufie qui reste en vous, je ne sais pas si c’est l’endroit ou les sublimes voix des chanteurs, toujours est-il que vous restez là silencieux, contemplatif et elle vous donne la chair de poule…

Un exemple de musique soufie utilisée dans le film de Bollywood « Jodhaa Akbar »

 

 

 

A l’entrée, vous trouverez deux énormes degh (marmites) qui sont utilisés pour la cuisson du Niaz – un mélange de riz, de safran, de noix, de ghee, de sucre et de fruits secs. La nourriture est cuite et distribuée aux fidèles sous forme de Tabarruk (bénédiction) après les prières. Bien que je ne sois pas religieuse, j’ai visité cette Dargah maintes et maintes fois, je peux vous assurer qu’il faut un sacré (c’est le moment de le dire !) timing pour avoir la chance d’avoir le Tabarruk. Voila comment ca se passe : on m’a remis un sac plastique dès que j’ai franchi la porte principale, on m’a dit de revenir 20 minutes plus tard. Le fait est, des hommes étaient en train de préparer le Niaz en le tournant avec des énormes cuillères en bois. A l’échéance des 20 minutes, je me suis postée dans la queue des « élus », ai monté quelques marches et ouvert mon sac pour recevoir le « sésame ». Je ne vous cache pas, qu’avec le recul, je ne suis pas peu fière ! Alors que je retournais écouter la musique avec mon sac plastique, un bon nombre de fidèles m’ont gratifiée de « lucky girl », de « very good».

Quinze minutes avant la prière du soir, dans le cadre du rituel quotidien, des bougies sont placées à l’intérieur des lampes et des versets persans accompagnés de tambours rythmés. Après le récital des versets, des lampes sont placées aux quatre coins de la tombe et allumées. Ce rituel est connu sous le nom de Roshnee (la cérémonie des lumières).

Dans la rue qui mène à la Dargah

 

 

 

 

Le Sonji ki Nasiyan Temple

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Le Sonji ki Nasiyan est un temple jain que vous trouver un peu en dehors des murs de la ville. Il est dédié à Lord Rishabhdev, le premier Jain Tirthankara. Construit par Seth Moolchand Soni en 1865 CE, le temple appartient à la secte Digamber du jaïnisme. Le nom du temple est Siddhkoot Chaityalaya et est également connu comme le «Temple Rouge». Après le Swarna Nagari a été ajouté au temple en 1895, il a commencé à être appelé Sone ka Mandir en soulignant la structure dorée.

Le temple a été construit en pierre rouge provenant de Karauli, en suivant le style typique de l’architecture des temples du sud de l’Inde. La passerelle gigantesque, également appelée Gopuram, est un bel exemple de sa riche technique architecturale. Le temple est une structure à deux étages et est divisé en deux parties. Une partie du temple est la zone de culte comprenant l’idole de Lord Adinath ou Rishabhdev, tandis que l’autre forme un musée et comprend une salle. L’intérieur du musée représente les cinq étapes (Panch Kalyanak) dans la vie de Lord Adinath.

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Le premier étage du temple populairement appelé la salle Swarna Nagari qui abrite l’une des créations architecturales les plus étonnantes de l’Univers dans la version du jaïnisme qui constitue également des répliques de plaques d’or de tous les temples jaïns du pays. Environ une tonne d’or ont été utilisée pour la construction de la merveille représentant le panorama de la mythologie Jain, et des anciennes villes d’Ayodhya et de Prayag. Festonné de pierres précieuses, d’or et d’argent, l’endroit est également appelé Soni Ji Ki Nasiyan. Malgré tout le respect que je dois accorder à ce lieu, j’ai vraiment eu l’impression de rentrer dans la maison des poupées d’Euro Disney.

Soni Ji Ki Nasiyan

 

Le lac Ana Sagar & les jardins de Durga Bagh

L’Ana Sagar Lake est un  lac artificiel construit par Anaji Chauhan (grand-père de Prithviraj Chauhan) entre 1135-1150. Il s’étend sur 13 km, et dévoile la pittoresque la beauté d’Ajmer. Fait intéressant, il se dessèche au cours des mois d’été, mais agit comme une source de subsistance pour tous les habitants de cette ville. Sur sa rive vous trouverez  le Durga Bagh, contenant une série de pavillons de marbre érigés en 1637 par Shah Jahan.

 

 

 

 

Le Fort de Taragarh  & la Miranji Dargah

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Deux façons d’y accéder, pour les fainéants, par la route autrement à pied. Je vous avertie, ça monte sévère mais vous aurez une vue imprenable sur Ajmer.

Sur le point le plus haut du fort de Taragarh se trouve le Dargah de Hazrat Miran Syed Husian Asghar Khangswar qui fut le gouverneur d’Ajmer après sa conquête par le sultan Shahabuddin Ghori. A la mort de Qutubuddin Aibak en 1210, les Rajputs Rathor et Chauhan se joignirent pour attaquer de nuit le fort de Taragarh, alors que la plupart des hommes de Miran Saheb étaient en train de collecter des impôts dans le district, et que le nombre de ses garnisons était donc numériquement très faible.

Selon Akhbar-ul-Akhyar, le premier fort construit sur une colline en Inde fût la forteresse de Taragarh à Ajmer. Sa défense et sa force uniques résident dans sa robustesse imprenable et lde la montagne sur laquelle elle est construite. Cet ancien fort a connu de nombreuses batailles historiques et maintes sièges a et a changé de mains avec les conquérants Rajputs, Musulmans, Marathis et Britanniques au cours de sa longue et mouvementée  histoire.

 

 

 

 

En flânant dans les rues d’Ajmer

 

 

 

 

Bonne visite à tous!

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